Mar 04

Message aux parlementaires européens…(2eme partie)

alt-La montée de l’Islamisme radical, autre défi …

Depuis l’avènement du régime actuel on observe dans les médias des discours à tonalité religieuse de caractère violent , intolérant ; dans les mosquées qui poussent tous les cent (100) mètres  on entend des prêches faisant le lit  du salafisme . Des associations  ‘’d’amis du Prophète’’ surgissent , des marches appelant à l’exécution de ould  Mkheitir- le bloggueur- se multiplient , des menaces  ouvertes  de l’assassiner  sont proférées , proférées également à l’endroit de  son avocat  … Le port du niqab se répand  à toute  vitesse dans un territoire devenu  un refuge pour les éléments du Mujao , Ansardine et consort . Une sorte de terrorisme intellectuel de ces islamistes  s’installe, les penseurs libres sont harcelés , pris de peur . En exemple,  mint el Moctar  et  plus récemment  l’activiste mint Brahim sont  attaquées  ouvertement , tout cela au su et au vu des pouvoirs publics qui laissent faire …Tout comme ces intellectuels qui observent sans rien dire et qui finiront  sûrement par s’y brûler pourtant !

En fait la lutte contre le terrorisme est plus proche du faire-semblant que de la réalité . Si en surface ce régime déclare lutter contre le terrorisme , dans les faits  il semble  plutôt flirter  avec ceux qui  le nourrissent ....

- Le 3e mandat  -  autre point explosif -

Le Président Abdel Aziz malgré ses déclarations publiques ne donne pas l’impression d’avoir totalement renoncé à briguer le 3e mandat . Il avait procédé par ballons d’essai , puis tenté d’y pousser à travers le dialogue national de septembre 2017 dont les résolutions essentielles ont été dévoyées , entre autres  l’officialisation des langues nationales - point de consensus avéré -. Il chercherait actuellement à négocier ce 3e mandat par l’achat de consciences de certains élus et de quelques leaders de partis politiques  .  Or le 3e mandat constitue pour l’opposition arabo-berbère une ligne rouge à ne pas franchir. Ce serait donc, après la question négro–africaine, le point de rupture dominant, la source potentielle de turbulences  et d’instabilité certaine …

- Diplomatie ambigüe, tâtonnante

Une diplomatie ambivalente, suffisante  et pleine de maladresses , qui se veut  participative aux missions de maintien de la paix ( Centrafique , Côte d’Ivoire ) mais entretient un climat de  suspicion et de  tension avec ses voisins immédiats . Avec le Mali il y a un déficit de confiance –à juste raison ;  déficit  de  confiance  également  avec le  Maroc , tension larvée permanente avec le Sénégal, sciemment entretenue, problème de leadership avec l’Algérie que traduit  une relation du ‘’ je t’aime moi non plus’’ …

-Obstacles à l’érection d’un Etat  de  droit

Ce régime ne respecte pas les libertés fondamentales. Le Président Ould Abdel Aziz n’arrive pas à se départir des réflexes du général qui éprouve un mépris souverain pour le Droit  et la loi qu’il tourne en dérision. Avec une posture du genre  ‘’la loi c’est moi et seulement moi’’ ,  il ne peut émerger un Etat de droit’’!Les généraux et les libertés font rarement bon ménage, c’est connu . Chaque jour  nous assistons  à  une restriction croissante des libertés. Les libertés d’association , de manifestation  et même de réunion dans des hôtels et domiciles  privés sont empêchées ; une des premières victimes a été  le parti  FPC . Les récentes lois sur la cyber-criminalité s’inscrivent dans ce sillage .  Des associations monoethniques de tir à la cible - milices déguisées- prolifèrent sous la bénédiction du pouvoir …Des opposants sont embastillés sans raison objective, comme les  militants de l’IRA, dernièrement . Pour jouir de  ces droits - pourtant garantis par la constitution- il faut faire allégeance  au  régime, tout  comme pour être reconnu officiellement en tant que parti politique.

Mon parti politique- les Fpc - paie pour son indépendance. Après 23 ans d’exil , nous avons décidé de renoncer  à la lutte illégale  pour  inscrire notre action dans la légalité, et dans le jeu démocratique ; voilà qu’on nous empêche de nous exprimer… Nous avons rempli toutes les conditions légales pour obtenir un récépissé  de reconnaissance légale, voilà qu’on nous le refuse . Des pressions sont exercées sur des Associations reconnues et  des médias privés  pour  nous empêcher de nous exprimer sur leurs plateaux.   

-Perspectives anticipees (rencontres de groupes / commissions /ateliers /séminaires /colloques)

Dans les rencontres où vous serez invités, à titre d’hôtes, vous entendrez de la bouche de vos interlocuteurs que tout va bien dans notre pays. Que l’enrôlement des populations se déroule sans accroc, que la diversité culturelle est reconnue , respectée  et observable… tant qu’on voit  Négro-africains et haratines danser et chanter …comme des troubadours pendant  nos  festivals et cérémonials .

On vous dira que la torture est bannie, que la corruption est combattue avec force tout comme l’esclavage  à travers  structures et tribunaux, nouvellement créés…Qu’il y a  des marches, des carnavals organisés en guise de célébration de la  lutte contre la corruption. Ne vous y fiez pas ! Tout cela n’est  qu’un écran de fumée, destiné à abuser les visiteurs et partenaires  mauritaniens . Rien de sérieux, on fait semblant, comme  toujours... La réalité est que la corruption gangrène l’administration, la Justice, l’ état civil , les contrôles aux frontières ou se produit un véritable racquet ; bref elle infeste tous les secteurs publics…On ne prend aucune  mesure élémentaire adéquate sérieuse pour lutter contre le fléau, telle la déclaration de revenu pour les hauts responsables, telle la liberté et l’indépendance réelle  de l’Inspection Générale d’Etat ( IGE), la mise en place  de commissions secrètes chargées du contrôle et du suivi. Dans les opérations de contrôle menées jusqu’ici, les amis du Président sont épargnés , les opposants au régime ciblés et épinglés. On emprisonne ceux-ci , mais on libère ceux-là  pourtant  coupables avérés . Les mauritaniens et surtout  nos gouvernants  excellent dans l’art du faire- semblant et de  la mystification de  l’opinion extérieure .

Enfin , vous verrez , à travers groupes d’individus , ateliers , séminaires, colloques , invariablement , la même ’image, celle d’une Mauritanie ‘’blanche’’ qu’on veut faire naître au forceps; comme si les autres composantes nationales – perçues comme des appendices -  n’avaient pas été  à l’école... Vous verrez  aussi  une ombre entrer vous servir le the, puis sortir comme elle était venue , toujours la même… ou l’autre facette  cachée et atténuée  de la réalité de l’esclavage .

Dernier défi, peut- être pas tant explosif que ça, mais non moins  destructeur : le désordre général - ce désordre fou, partout présent .- dans lequel  ne peut se construire ni progrès ni développement . Sans l’Ordre il n’y a pas d’Etat tout court …

Tel est le visage de notre ‘’ bonne Gouvernance’’ et de notre république…

JOYEUX SEJOUR CHEZ NOUS .

                                                       Nouakchott 20-02-2017

Samba Thiam ( President des FPC)

 

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